La culture du coton au Pérou

Cultivé depuis des générations, le coton fait partie intégrante de l'agriculture péruvienne. Les espèces locales de coton sont réputées pour faire partie des meilleures fibres au monde. Les producteurs de coton péruvien ont hérité de nombreuses techniques d'agriculture biologique indigènes et traditionnelles. L'utilisation de produits chimiques et de pesticides est très récente : ils ne sont apparus qu'à la fin de la seconde guerre mondiale pour connaître un boom au milieu des années 70.

Aujourd'hui, bien que la philosophie de l'agriculture biologique refait surface, celle-ci ne représente qu'un très faible pourcentage de l'agriculture péruvienne. La majeure partie des producteurs péruviens de coton continue à utiliser d'énormes quantités de produits chimiques car ils sont en permanence confrontés aux pressions des grandes sociétés et des propriétaires terriens.

Les dangers du coton conventionnel

La culture conventionnelle du coton a un énorme impact écologique sur la planète puisqu'elle emploie à elle seule plus de 25% des insecticides et 10% des pesticides utilisés dans le monde, parmi lesquels les plus dangereux.

Les conséquences sont multiples :

  • Contamination des sols et destruction de la matière organique ou des insectes participant activement au développement du plant de coton ;
  • Pollution des eaux souterraines qui, une fois rejetées dans les rivières, deviennent impropres à la consommation pour les communautés locales;
  • Empoisonnement des producteurs, des ouvriers et de leur famille qui travaillent dans les champs (mais aussi des animaux de ferme et migrateurs) causant de très sérieux problèmes de santé.

Toutes ces toxines se retrouvent au bout de la chaîne, dans le produit final: vêtements, produits d'hygiène ou alimentaire (comme l'huile issue des graines de coton).

Le coton biologique : une réponse

Les vallées fertiles de Chincha et de Cañete, situées au sud de Lima sur la côte pacifique, sont des endroits propices à la culture du coton biologique

Cultivé sans aucune utilisation de produits chimiques ou OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), le coton biologique préserve la santé: la santé du peuple qui le cultive et qui le ramasse, la santé des consommateurs, la santé de l'environnement.

  • En guise d'engrais naturels, les producteurs de coton biologique utilisent le guano d'oiseaux des mers, récolté sur les îles du Pacifique, riche en azote et en phosphore.
  • La rotation de la culture du coton avec d'autres cultures vivrières comme le maïs ou les haricots permet de ne pas appauvrir le sol.
  • Plus riche en matière organique, le sol conserve plus efficacement l'eau et nécessite donc moins d'irrigation.
  • Le maintien d'un sol sain entretient l'équilibre entre les parasites et leurs prédateurs naturels.
  • Sans utilisation d'herbicides, l'arrachage des mauvaises herbes à la main permet aux plants de coton de ne pas être concurrencés pour l'accès à l'eau ou à la lumière.
  • Le coton est récolté à la main, sans utilisation de machines ou de défoliants chimiques.

Conclusion

L'agriculture biologique n'est pas nécessairement plus complexe que l'agriculture conventionnelle. Elle exige cependant une plus grande responsabilité et une réelle volonté des producteurs et des consommateurs d'agir ensemble pour préserver notre planète.

 

Le coton Tanguïs

Cette variété de coton, poussant exclusivement au Pérou, est considérée comme l’une des meilleures au monde. Sa fibre douce et longue a une résistance excellente et une absorption de teinture très efficace. Les graines de coton tanguïs sont bien adaptées à l’agriculture biologique. Elles produisent un coton idéal à tisser.

Pour qu’un champ de coton puisse être considéré comme biologique, les producteurs ne doivent utiliser aucun engrais chimique durant trois ans, quelles que soient les cultures. Pendant cette période, le coton obtenu lors des récoltes est appelé coton de transition.


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